أمين الزاوي : التعصب الكروي والتعصب الديني

Fanatisme footballistique et fanatisme religieux ?
Par : Amin ZAOUI

Foot ou fanatisme religieux.
Deux mouvements sociopolitiques drainent les foules déchaînées : le foot et le fanatisme religieux. Une approche psychanalyste est-t-elle capable d’interpréter ce mystérieux rapport établi entre la foule fanatique religieuse d’un côté et la foule footballistique en Algérie ? Les deux foules se caractérisent, d’abord, par la domination d’un état d’âme d’hystérie. Névrose. Absence de toute réflexion.
Dans le monde arabo-musulman (ici, je n’évoque pas le monde occidental), le foot est devenu une sorte de religion fanatique et anarchique, violente. Et en ces temps qui court, dans le monde musulman, la religion, elle aussi, est devenue comme un match de foot débridé. Un match dont le jeu est sans règles, sans codes et sans arbitre !
Ces deux mouvements sociopolitiques de masse, la religion fanatique et le foot religieux, sont capables d’abasourdir le peuple! Et ils le font bien!
Les deux mouvements de masse, le foot et le fanatisme religieux, représentent une sorte de drogue pour la foule furieuse. Une foule aveuglée par le sens de la victoire, emportée par la fuite en avant. Obsédée par le paradis, qu’importe le paradis. Cette drogue nuisible ronge la société telle une gangrène. Une sorte de suicide religieux individuel et collectif qui menace la jeunesse arabo-musulmane.
Sur le terrain, à l’heure du jeu, les joueurs célèbrent la victoire à leur façon : marquer un but est souvent suivi de deux ou trois prosternations en signe de prière sur la pelouse. Extase religieux ! Signe de fusion entre le religieux fanatique et le sentiment footballistique. Un message chargé de symboles, à bon entendeur !
Chez nous, comme partout dans le monde arabo-musulman, on se prépare pour un match de foot comme se préparer pour aller dans une guerre sainte ! Le sens de la guerre prend la place de celui de la compétition. On se prépare comme pour aller affronter un ennemi, un taghot, et non pas pour aller jouer contre un adversaire sportif, un partenaire du jeu !
Sur le plan de la visibilité vestimentaire, les religieux fanatiques, à l’image des fanatiques footballistiques, chaussent les mêmes baskets ! les terroristes préfèrent ce genre de chaussures. Portent les mêmes vestons en cuir ! Puisent du même discours, usent des mêmes expressions. La violence verbale et corporelle est tolérée dans foot, de même dans la religion politique ou fanatique. La manière de discuter, de débattre est caractérisée par la colère, la menace verbale et gestuelle… se ressemblent chez les fanatiques religieux comme chez les fanatiques footballistiques.
Les chants, les drapeaux ou les bannières brandis, les écriteaux, les slogans… ont le même sens ou presque, le même intégrisme, philosophiquement parlant. Les tribunes de nos stades sont désertées par les femmes. Interdites aux femmes. Le foot est un sport machiste.
L’adoration absolue manifestée par les fans fous du foot envers leur idole est identique à celle des croyants fanatiques envers leur cheikh. La divinité humaine ! Zaïme !
Chacun de nous se rappelle de ce légendaire match Algérie - Égypte à Omdurman au Soudan ! C’est le foot national-religieux. Où le nationalisme religieux fanatique prend l’image de la virilité (arrajla), l’orgueil (ennif) et de l’honneur (achcharaf). Les supporters des deux clubs du foot, dans cette hystérie, reflètent l’image d’adeptes des sectes religieuses. Dans le monde arabo-musulman, on remarque que de plus en plus, les partis islamistes investissent dans les foules déchaînées du foot. En Égypte, le meilleur joueur, symbole du foot dans ce pays toujours endeuillé par les actes terroristes commis par le parti des Frères musulmans et ses rejetons, cette star de foot est accusée du terrorisme, son nom est sur la liste des terroristes : il s’appelle Aboutrika. Machiavel a écrit dans son célèbre ouvrage Le Prince : “La religion est l’une des meilleures techniques de gestion de masse”… le foot est devenu un autre moyen capable de mobiliser les foules les plus fanatiques et suicidaires.
En ces temps qui courent où le pouvoir de l’argent et des argentiers est souverain, le foot, qui à l’origine est un jeu pour le bonheur, le mot “jouer” recèle le sens du plaisir, a été vidé de son sens noble ! et la religion, de son côté, a été vidée de tout ce qu’elle devait contenir de spiritualité, au profit de la politique, du fanatisme, de l’argent et de la haine.
A. Z.

(Souffles, chronique hebdomadaire publiée jeudi 26-01-2017 in le quotidien LIBERTE, le lien : http://www.liberte-algerie.com/chronique/foot-ou-fanatisme-rel igieux-372 )



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